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Le texte qu’on va lire est d’un amoureux, de la culture, de la peinture, et de Nadine. De sa peinture, où se croisent avec bonheur les fécondes surfaces d’eau de plus en plus stylisées, en nymphéas de turquoise, les paysages aux terres rouges comme en Toscane, et l’engagement pacifiste : comment lui donner tort ? Leur donner tort, devrais-je dire, tant l’oeuvre peinte et l’essai, imbriqués l’un dans l’autre, confinent à la symbiose. Et c’est fort bien. Car, comme le disait Baudelaire, une double sensibilité s’exprime là face à la nature : celle de l’artiste et celle de l’écrivain devant l’oeuvre, qui devient artiste à son tour. L’essayiste, en l’occurrence, est particulièrement convaincant. Ses références au « sublime » sont à ce propos très complètes et à chaque fois d’une grande précision : de Burke à Kant et du cher pseudo-Longin à la fameuse catharsis aristotélicienne. Et s’il déborde parfois le cadre, c’est que, lui-même artiste baroque, il est submergé par l’émotion et l’enthousiasme. Enthéos, un dieu est en lui, comme dit le grec. Je n’oublie pas, dans l’oeuvre, la série des autoportraits alliant au réalisme du tracé l’expression par la couleur et la profondeur symbolique. Voici donc un bel ensemble, à deux voix ou quatre mains, comme il vous plaira, sur le thème générique, dit par un artiste du verbe, d’une Nadine-peintre, libre et dûment « sublimée ». Pierre Somville, de l’Académie Royale de Belgique (Classe des Arts).
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